Samedi 6 mars 2021

« Dans cette conférence, nous avons voulu souligner le rôle central des hypothèses (principes) sur lesquelles chacun·e d’entre nous s’appuie continument – consciemment ou pas – pour interagir avec le monde. Nous avons voulu questionner l’intention qui anime quiconque fait appel à la science en général et aux neurosciences en particulier : s’agit-il de chercher des raisons de croire ou des raisons de douter?

Dans la partie questions-réponses qui a suivi, nous avons eu l’impression que certain·e·s participant·e·s ont été déstabilisé·e·s et ont questionné notre intention de chercheurs formés à la CNV en proposant le thème : CNV et neurosciences : un besoin de réalité partagé(e) ?

Nous avons ainsi eu l’occasion de préciser notre discours. Il nous semble fondamental de redire que l’intention de la CNV (le lien à soi et aux autres) est simplement différente de celle de la science (c’est-à-dire, comprendre, formuler des hypothèses et les vérifier) et ces deux intentions ne sauraient être réductibles l’une à l’autre.

Si nous ne disposons pas encore d’arguments scientifiques suffisants pour mesurer les effets de la CNV, c’est que l’exploration de ces effets reste à réaliser pour les objectiver. Pour autant, rien ne peut remettre en cause le vécu « à la première personne » de l’expérience CNV, et certainement pas ce manque d’études disponibles.

À nos yeux, à ce stade, il ne semble ni nécessaire ni légitime d’invoquer des arguments (neuro)scientifiques pour pratiquer la CNV et pour justifier des bénéfices ressentis.

Gardons la clarté que ce processus est d’abord un modèle, qui nous permet d’interagir avec l’intention de la qualité relationnelle, le lien à soi et aux autres. »

BIBLIOGRAPHIE

Livres en français (A retrouver ici) :

  • Barbaras R. (2009) : La Perception : essai sur le sensible (Hatier coll. Optiques)
  • Forest D. (2014) Neuroscepticisme : les sciences du cerveau sous le scalpel de l’épistémologue. Ithaque.
  • Gabriel M. (2017) Pourquoi je ne suis pas mon cerveau. Lattès

Livres en anglais :

  • Jarrett C. (2015) Great myths of the brain. Wiley
  • Legrenzi P., Umilta C. (2016) Neuromania : on the limits of brain science ; Oxford Univ Press

Publications :

  • Chapelain A. https://revue-europeenne-coaching.com/numeros/n6-mai-2018/neurosciences-coeur-neuromythes
  • Gaussel M, Reverdy C (2013) Neurosciences et Éducation: la bataille des cerveaux. Veille et Analyse 86.
  • Gentaz E. (2018) Ecole, neurosciences, neuroéducation, neuropédagogie … Des neuro-illusions cognitives ? Médecine et Enfance N° 7 / 2018
  • Neuromythes : https://www.cortex-mag.net/en-finir-avec-les-neuromythes/
  • Pommier G (2018) Les neurosciences sont utilisées par certains en contradiction avec leurs résultats les plus assurés. Le Monde, Fév. 2018
  • Rossetti Y. (2018) Des (neuro)sciences à l’école ? Mythologies et réalités, La revue de santé scolaire et universitaire, S1879
  • Rossetti, Y. (2016). A la recherche de la réalité de l’autre. Sciences Psy, 7, 114-121.
  • Rossetti et Rode (2016) : les dialogues sensorimoteurs : une épreuve de réalité pour nos représentations cognitives, In: La psychomotricité entre psychanalyse et neurosciences, Nicole Girardier ed, p 217-240
  • Rossetti Y, Rode G, Pisella L (2006) Images, regard et images mentales: illustration neuroscientifique du hiatus entre la représentation et son objet. In: La création littéraire et artistique contemporaine. L’oeil, la vue, le regard (P. Merlo, ed.), Grimh-LCE-Grimia, p. 27–40.

Le site de l’équipe de recherche : www.trajectoires.site